 Avec deux représentants de l'Hémisphère Nord et deux représentants de l'Hémisphère Sud dans le dernier carré de cette Coupe Monde, la parité est finalement respectée. Ce n'était pas gagné au départ.
On aurait pu craindre le pire pour l'Hémisphère Nord. Le zéro pointé tant redouté. Il n'en est finalement rien. Les trois derniers rescapés (France, Angleterre et Ecosse) de cette partie du Monde, tous dans la peau de l'outsider à l'orée des quarts de finale, défiaient sans certitude une armada du Sud, impressionnante pour sa part depuis le début de la compétition. Il aurait été ambitieux, même culotté, d’annoncer une demi-finale France-Angleterre au vu de leurs premiers pas dans ce Mondial. Et pourtant, les faits sont là, les Britanniques ont été merveilleux d’engagement et les Bleus de bravoure pour s’offrir un crunch géantissime, comme en 2003, dans le dernier carré. Comme en 2003, le Quinze de la Rose s'est payée le scalp des Wallabies. Moribond depuis plusieurs mois, le Squad de Brian Ashton est parvenu à sortir "le grand jeu" au bon moment en même temps qu'il retrouvait son arme fatale, sa pièce maîtresse dans son dispositif balbutiant, son incontournable artificier, Jonny Wilkinson. Sans le numéro 10 de Newcastle, l'Angleterre n'est pas la même équipe. L'Australie, comme en 2003, l'a appris à ses dépens. La France est prévenue. Avec seulement 30 % de possession de balle contre les Blacks, la France a dû plaquer sans relâche. Le taux de réussite impressionnant des Bleus dans ce domaine a été la clé de la victoire. 197 à 47 est en effet l’autre score de France – Nouvelle-Zélande. Celui du nombre de plaquages réussis. Une statistique effarante qui cible le cœur de la victoire française samedi à Cardiff. Une partie du succès revient donc à l’entraîneur anglais de la défense, David Ellis, qui avait fixé d’autres impératifs à ses ouailles que de seulement plaquer. Il fallait le faire avec au maximum deux joueurs et surtout les prendre très haut pour bloquer la balle et éviter les passes après contact qui donnent habituellement de la vitesse au jeu néo-zélandais. L'objectif a été atteint.
Surprises, exploits, émotion: pour trois au moins des matches des quarts de finale, tous les ingrédients qui nourrissent la légende d'une grande compétition ont été réunis ce week-end. Deux membres du célèbre Tri-Nations ont donc mordu la poussière, mais pas le troisième. De peu. S'il n'en reste qu'un, ce sera donc l'Afrique du Sud de Schalk Burger. Dimanche, l'Afrique du Sud a néanmoins failli payer très cher son arrogance face aux modestes Fidjiens. Suffisants, partis trop vite en tête, les Springboks se sont laissés remonter, et étaient encore en danger à moins de vingt minutes de la fin du match. Leur puissance a finalement parlé (37-20), mais leurs erreurs de concentration peuvent donner à rêver à des Argentins portés par la foi en leur destin. L'Argentine s'est imposée de façon moins enlevée face à des Ecossais rugueux, courageux, luttant jusqu'à la dernière seconde, mais dénués d'imagination. Les Pumas ont fait le métier, dominé les phases de conquête et joué au pied comme il savent le faire. Ils ont gagné 19-13 et se sont qualifiés pour la première fois de leur histoire pour le dernier carré d'une Coupe du monde. Finalement les quatre derniers représentants pour le trophée Webb Ellis sont issus des deux poules les plus difficiles (A et D). Si l'Afrique du Sud et l'Argentine en sont sorties indemnes, la France et l'Angleterre ont connu la défaite. Mais à deux matchs de toucher le Saint-Graal, les compteurs sont encore remis à zéro. Les certitudes sont envolées, tout peut arriver, et même le plus incroyable...
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