 Grosse déception au Stade de France avec la defaite des Tricolores face aux Pumas lors du match d'ouverture de la Coupe du Monde (12-17). Les hommes de Bernard Laporte ont perdu trop de ballons pour faire la différence sur une équipe rusée autour de leur capitaine et chef d'orchestre Augustin Pichot.
Dans les coulisses du Stade de France
- Le Bleus et les Pumas se connaissaient parfaitement. Quatorze des vingt-deux argentins sélectionnés par Marcelo Loffreda évoluent en effet dans l'Hexagone. Huit étaient titulaires lors de ce match d'ouverture : Scelzo (Clermont), Roncero (Stade Français) et Scelzo en première ligne ; Albacete (Toulouse) en seconde ligne ; Ostiglia (Argentin) en troisième ligne ; Hernandez (Stade Français) et Pichot (Racing-Metro) en charnière, mais aussi Corleto (Stade Français) à l'arrière.
- L'Argentine restait sur quatre victoires en cinq rencontres face aux Français. Trois en Argentine (deux en 2002 : 28-27 et 10-6), une en 2003 (33-32) et une à Marseille en 2004, la plus lourde au score (24-14), le seul test remporté par une équipe étrangère au Stade-Vélodrome où l'Australie, l'Afrique du Sud et même la Nouvelle-Zélande avaient mordu la poussière. Le 25 novembre dernier, la bande à Bernard Laporte avait assuré l'essentiel (27-26) au Stade de France.
- Pour la troisième édition consécutive, les Pumas affrontaient en match d'ouverture le pays organisateur. Battus en 1999 par le Pays de Galles, les meilleurs joueurs d'Amérique du Sud avaient également chuté quatre ans plus tard face aux Wallabies.
- Pour la cinquième fois de l'ère Laporte, le banc des remplaçant était composé de deux arrières (Michalak et Elissalde) et surtout cinq avants (Szarzewski, Poux, Chabal, Bonnaire et Dussautoir). Ce choix était autant dicté par les caractéristiques des Argentins que par le jeu des Bleus. L'ancien gourou du Stade Français souhaitait ainsi répondre à l'impact physique du pack argentin et la puissance dans le combat de près.
- Ménagé en début de semaine en raison d'une contracture à un mollet, Pierre Mignoni était bien titularisé à la mêlée. Il était accompagné de David Skrela à l'ouverture.
- Beaucoup de monde dans les loges VIP du Stade de France : le président de la République Nicolas Sarkozy, la Ministre de la Justice Rachida Dati, Dany Boon, Arthur, Jean Rochefort, Amélie Mauresmo ou encore Christian Clavier.
- Les Bleus avaient décidé de dédier ce match d'ouverture à Stéphane Rieu, un jeune militaire français décédé en Afghanistan le 23 août. C'était un passionné de rugby qui jouait dans le club de Ibos, dans les Hautes-Pyrénées.
- Jo Maso et Bernard Laporte avaient décidé de confier la délicate mission de la traditionnelle remise des maillots juste avant le match aux huit joueurs non-sélectionnés pour ce match et qui étaient donc en costume de ville. Il s'agissait de Nicolas Mas (Perpignan), Sébastien Bruno (Sale), Lionel Nallet (Castres), Yannick Nyanga (Toulouse), Lionel Beauxis (Stade Français), David Marty (Perpignan), Vincent Clerc (Toulouse) et Clément Poitrenaud (Toulouse).
-Frédéric Michalak est rentré temporairement après seulement 15 minutes suite au saignement de Damien Traille. Ce dernier est revenu sur la pelouse dix minutes plus tard.
Les faits du match
4eme minute (0-3)
Suite à une faute de De Villiers qui garde le ballon au sol, les Pumas ouvrent le score sur pénalité par l'interlédiaire de Felipe Contepomi.
7eme minute (3-3)
Pénalité de David Skrela qui remet les Tricolores dans le match.
9eme minute (3-6)
Nouvelle pénalité réussie par Contepomi suite à une faute de Dominici qui joue le ballon alors qu'il est au sol.
23eme minute (3-9)
Les Pumas obtiennent la pénalité après un regroupement où un Bleu ne fait pas l'effort de se dégager. Contepomi se charge de la transformation.
27eme minute (3-14)
Traille perfore la défense argentine avant d'écarter sur Martin qui tente de trouver au large Jauzion. Le ballon est intercepté par un argentin et transmis à Corleto qui dépose Heymans et Dominici pour aplatir dans l'en-but français. Contepomi trouve le poteau sur la transformation.
30eme minute (6-14)
Skrela réduit le score sur pénalité suite à une faute de Roncero.
34eme minute (6-17)
Contepomi ajoute trois nouveaux points sur une pénalité de plus de 50 mètres.
39eme minute (9-17)
Suite à un nouveau plongeon argentin, Skrela ramène les Bleus à 8 points juste avant la mi-temps.
58eme minute (12-17)
Après un nouveau maul pénétrant, la France obtient une pénalité, transformé par Skrela.
Jeu, joueurs et arbitre
Le jeu
A l’instar des footballeurs en 1998, les rugbymen tricolores partaient à la conquête de leur morceau d’histoire. Face à leur bête noire, l'Argentine, les Français étaient rapidement sur le reculoir sous l'impulsion d'Hernandez, très efficace à l'ouverture. Grâce au buteur du Leinster, Felipe Contepomi, les Pumas ouvraient logiquement la marque sur pénalité avant que David Skrela ne lui réponde dans le même exercice. La fébrilité des Français était palpable face au mordant des joueurs albicelestes. Il fallait attendre la douzième minute pour voir les troupes de Bernard Laportie sortir de leur torpeur et réussir un très beau mouvement collectif. Mais la mainmise du ballon était argentine, qui jouait son rugby à merveille avec de petites passes et un jeu au ras. Les hommes de Loffreda étaient logiquement récompensés par un essai de Corleto. Dans un silence de cathédrale, l'Argentine rentrait aux vestiaires avec une confortable avance (17-9). Les Français montraient un tout autre visage lors du second acte. Plus conquérants, les Bleus tentaient l'épreuve de force, mais manquaient d'inscrire un essai suite à un long maul pénétrant. Malgré quelques cartouches de Caveman, entré en jeu, les Français s'inclinaient pour ce match d'ouverture. La soupe à la grimace.
LES FRANCAIS
Titularisé à l'arrière au détriment de son compère du Stade Toulousain POITRENAUD, HEYMANS a rapidement été mis à contribution par les Argentins, notament sur un coup de pied astucieux de Pichot. Il a néanmoins fait le travail. MIGNONI a lui souffert de la comparaison face à son homologue argentin alors que SKRELA a été l'emblème des Bleus : fébrile. TRAILLE a réussi quelques percées mais n'a pas soulagé par son énorme jeu au pied Skrela. A ses côtés, JAUZION a été décevant alors que les ailiers DOMINICI et ROUGERIE ont eu peu de ballons à se mettre sous la dent. Si BETSEN a gratté quelques ballons dans son style particulier, le grand malheureux de la rencontre est MARTIN, fautif sur l'essai argentin. THION et HARINORDOQUY ont monopilsé beaucoup de ballons sur les touches adverses. La grande satisfaction de la rencontre est venue de PELOUS de retour à son meilleur niveau alors qu'IBANEZ a tenté de rameuter les troupes. En vain.
LES ARGENTINS
Le petit général PICHOT, plus malicieux que jamais, a parfaitement organisé le jeu argentin. Avec son futur ex-partenaire du Stade Français HERNANDEZ, puisque le demi de mêlée rejoindra le Métro-Racing après cette Coupe du Monde, ils ont donné le tempo à leur équipe pour mettre au supplice les Français. Le buteur CONTEPOMI a parfaitement réussi sa mission, enquillant les pénalités alors que CORLETO a mis le feu dans la défense française grâce à ses cannes.
L’arbitre du match : Tony Spreadbury
Pour son quatrième match en Coupe du Monde, l'arbitre anglais de 45 ans, le plus âgé des arbitres, a parfaitement maîtrisé les débats.
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