 Le rugby moderne, par son intensité physique, semble de plus en plus incompatible avec la bonne santé des joueurs. Si l'introduction d'un nouveau temps en mêlée était sensé régler les problèmes pour les avants, il semble que le travail pour sécuriser le jeu est encore loin d'aboutir : en témoigne le nombre de joueurs blessés, et, plus inquiétant, les mauvaises nouvelles arrivées ces derniers jours.
Certes, on peut se casser le genoux à 4 mois de la Coupe du Monde sans jouer au rugby (sic), mais il y a plus grave. Hier, le talonneur anglais Steve Thompson annonçait qu'il mettait fin à sa carrière, à seulement 28 ans, avec une Coupe du Monde et 43 sélections avec le XV de la Rose à son palmarès. Ce qui inquiète, c'est la raison de ce départ : blessé au cou lors de son match avec les Sainz contre Biarritz en H-Cup, son entourage médical l'a convaincu d'arrêter le sport : "Si je prend un autre mauvais coup, je pourrais être paralysé et même mourir. [...] Le médecin m'a dit que j'avais de la chance de pouvoir encore marcher".
Et c'est aujourd'hui une bis repetita : le talonneur australien, Brendan Cannon, 34 ans, 42 sélections à son actif, quitte lui aussi la planète rugby, pour les mêmes raisons : "Cela aurait été vraiment idiot de continuer, surtout avec le risque particulièrement important d'être touché à vie. [...]Et je ne voulais pas hypothéquer mon avenir de bon mari et père de famille."
Qui a dit que le rugby n'était qu'un sport, et que les joueurs étaient protégés ? Messieurs de l'IRB, au lieu de vous battre pour vos sous-sous que vous retirez de la H-Cup, penchez vous sur ces problèmes bien plus urgents ! Et faire dire un mot de plus par l'arbitre lors de l'entrée en mêlée ne suffira peut-être pas.
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