 Il y a certes la victoire. C'est pourtant sûrement la plus banale constatation et aussi le premier motif de réjouissance pour le XV tricolore. Après une tournée de novembre assez difficile, face à une équipe des blacks sereine et sans aucun point faible, les bleus devaient se refaire la cerise. Et c'est chose faite, en particulier grâce à la victoire contre les irlandais, futurs adversaires de la France en coupe du monde, et aussi grâce à la victoire contre l'Ecosse, signe du fort potentiel de cette génération.
Mais malheureusement, cette victoire laisse un goût amer. Mais où est donc le Grand Chelem peut-on se demander ! Certes, cette défaite contre l'Angleterre est bien dommage, mais elle est d'autant plus inquiétande qu'inexplicable, vu le faible niveau de l'équipe de la Rose, défaite le week-end précédent, et le week-end suivant successivement par l'Irlande et le Pays de Galles : comment la France a-t-elle pu perdre contre, peut-être, l'équipe la plus faible de ce tournoi ? Car c'est bien là qu'est tombée l'Angleterre, à son niveau le plus bas depuis des décennie. Une équipe sans imagination, sans engagement, sans charisme, et sans esprit. Certes, le retour de Johnny le héros aura permis de voir un beau match, mais appart ça, rien que de l'inquiétude n'est parvenue aux hommes de Brian Ashton.
Cette défaite française, donc inquiète. La France est capable de belles choses, mais aussi du pire, sur un match... A chaque match, devra-t-on se demander : quelle équipe de France va jouer ? L'inconstance française pourrait se révéler fatale, dans une poule de la mort où se retrouveront l'Argentine, l'Irlande et les bleus.
Du côté des bons points, on a enfin vu une équipe de France "qui en a". Remonter 25 points de point-average aux irlandais est un bel exploit, que seule un groupe solide, soudé, motivé, peut surmonter. La hargne de gagner s'est sentie jusqu'au dernier instant de la partie et a été payante.
Du côté des joueurs, les décisions définitives sont assez simples à comprendre. La France dispose aujourd'hui d'un pack d'avant diversifié, et solide. Si Nicolas Mas n'aura certainement pas réussi à convaincre, mais pourrait bénéficier de la blessure longue durée de Marconnet, le reste du pack a été brillant. En première ligne toujours, Raphaël Ibanez s'est affirmé comme un grand capitaine, capable de mener ses hommes comme le faisait Pelous. On notera également la confirmation de Vermeulen comme le nouveau guerrier français, le retour de Harinordoquy et Besten au niveau international, et aussi les multiples possibilités en seconde ligne : Pelous ne reviendra peut-être pas en équipe de France... Mais un cas difficile subsiste : Chabal. Auteur de deux premiers matchs resplendissant, s'est totalement éteint dans le troisième, inexistant face aux anglais, incapable d'avancer et d'apporter la percussion attendue. On a cru revoir le Chabal des années passées, jamais convaincant chez les bleus. Un cas à surveiller, car son inconstance pourrait lui couter cher lors de la sélection des joueurs pour la Coupe du Monde.
Du côté des trois-quarts, on notera les bonnes performances de Skrela ainsi que de Beauxis, ce dernier, impressionnant de sureté pour un jeune joueur jouant son premier match en tant que titulaire. Jauzion s'est également conforté dans son rôle de patron incontestable du rideau offensif et défensif français. Une blessure de ce joueur couterait cher à l'équipe de France. Poitrenaud, globalement satisfaisant, et les trois ailiers utilisés, seront surement titulaires en Septembre prochain. Toutes les interrogations portent maintenant sur la charnière. Alors que Mignoni a sûrement gagné sa place dans le groupe, il ne reste qu'une place à prendre, et deux candidats. Si Yachvili s'est montré sous un très mauvais jour, Elissalde n'a, lui, pas pu confirmer sa très bonne prestation de novembre qu'il avait dû interrompre pour cause de blessure, étant donné qu'il n'a pas joué.
En tous cas, pour tous ces joueurs, il est certain que la fin du TOP 14 qui reprend ses droits dès ce week-end, sera vitale, et une bonne occasion de se montrer aux sélectionneurs. La tournée en Nouvelle-Zélande cet été sera la dernière occasion de gagner ou garder sa place. Garçons, votre sort est entre vos mains !
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