maillot-franceLes superlatifs ne manqueront pas, demain, dans la presse. Et ça ne sera pas volé ! Une équipe de France héroïque, 22 guerriers bleus, sont allés chercher leur demi-finale, à Cardiff, contre la meilleure équipe du monde. En effet, les bleus ont battus la Nouvelle-Zélande, 20 à 18 ; deux petits points qui changent tout. Les All blacks, grandissimes favoris, disent au revoir prématurément à la compétition, dès les quart-de-finales, pour la toute première fois. De leur côté, les bleus se qualifient pour leur cinquième demi-finale ; cette dernière se jouera samedi prochain à 21h au stade de France, contre les voisins et ennemis de toujours : les anglais.

Et pourtant, la première mi-temps avait fait craindre le pire : les bleus, dominés dans les impacts, dominés dans la possession du ballon et dans la domination territoriale, incapables de marquer les points sur leurs rares occasions, semblaient dans l’incapacité d’inverser la vapeur. Les blacks prenaient directement dix points d’avance, grâce à une pénalité de Carter (14′) et un essai de McAlister (17′) transformé par ce même Carter. Après une nouvelle pénalité inscrite par le demi d’ouverture black (31′), la France réduisait l’écart à dix points, juste avant la mi-temps, par une pénalité marquée par Beauxis (40′). Dans cette mi-temps, les bleus avaient déjà laissé filer neuf points (deux pénalités et un drop loupés), et le score était de 13 à 3.

Mais au retour des vestiaires, tout s’inverse. Alors que les bleus sont tout près de marquer un essai grâce à un coup de pied par dessus de Beauxis, à dix mettre de la ligne, McAlister vient donner un grand coup d’épaule à Jauzion, en route pour récupérer le ballon. L’arbitre n’hésite pas et sanctionne le fautif d’un carton jaune. Beauxis ajoute trois points dans la foulé (46′). Les blacks, réduits à 14 opposent tout d’abord une belle opposition, avec une séance de pick-and-go à 5m de la ligne française, pendant près de 5 minute, en vain… Les bleus se rebellent enfin, et après un départ depuis leur 22m, c’est Dusautoir qui fini par s’écrouler dans l’en-but, après plusieurs temps de jeu, profitant ainsi de l’infériorité numérique des néo-zélandais. Beauxis transforme et les bleus sont revenus à hauteur des néo-zélandais : 13 partout (55′). A ce moment, le match est plus qu’indécis, mais la tendance est là : les bleus prennent confiance, tandis que les blacks commencent à douter. D’autant plus que les coups durs commencent pour les blacks : leur demi d’ouverture fétiche, Dan Carter, sort sur blessure et est remplacé par Nick Evans.

Mais un all-black a de l’orgueil, et les avants néo-zélandais infligent une nouvelle séance de pick-and-go qui finit, cette fois-ci, dans l’en-but français. So’oialo marque, mais McAlister échoue à la transformation. Les blacks reprennent 5 points d’avance. Le sort est maintenant dans les mains des français, et la donne est simple : il faut marquer deux pénalités ou un essai transformé pour créer l’exploit. Après un beau mouvement initié par Michalak, Traille prend le trou et passe la balle à hauteur à Michalak, qui prend de vitesse le rideau black et transmet comme par magie à Jauzion, son camarade du stade Toulousain, qui finit sa course dans l’enbut et aplatit. Elissalde transforme (69′) et les bleus sont devant de deux points ; mais il faut encore tenir dix minutes. Le mauvais sort s’abat alors définitivement sur les blacks, car Evans, à son tour blessé, doit céder sa place. Durant les dix dernières minutes, les blacks visiblement désorientés attaquent la défense bleue, qui résiste magnifiquement. Fort Alamo tient bon, et les blacks, pas assez lucides pour tenter le drop, finissent par perdre la balle. Elissalde la récupère puis court à l’envers sur le terrain, tel un mini-poussin, pour finalement envoyer la balle dans les tribunes : c’est fait, les bleus sont en demi-finale, les bleus ont vaincus la terreur du tournoi, les bleus sont des héros.

Et ce match fera date : en effet, il y a déjà deux nations nordistes en demi-finale, et l’hémisphère nord est assuré d’avoir au moins une équipe en finale. Mais surtout, deux des trois géants sudistes sont déjà out, dès les quarts : du jamais vu, pour les australiens comme pour les néo-zélandais. Le rugby européen, annoncé à la ramasse avant ce mondial, retrouve des couleurs, sur le terrain, à la régulière. Encore deux semaines d’émotions en perspective !